Phnom Penh - Des marchés, des Tuktuk agaçants et un musée glaçant

N'ayant pas visité la capitale laotienne je me devais de faire celle du Cambodge qui me paraissait plus intéressante et animée.

J'arrive à Phnom Penh à 6h du matin par l'intermédiaire d'un bus de nuit . La ville se reveille doucement et au même rythme que moi . Éboueur,  nettoyeur de rue, échoppes dans les marchés ou dans les rues émergent doucement . Quant à moi , je déambule avec l'idée de prendre un petit déjeuner.  J'atteris en bordure du Mekong, avec ses groupes d'aerobic au lever du soleil .

En temps normal je ne suis pas un grand adepte des grosses villes, où  que ce soit, en tout cas pas seul. Je ne sais jamais que faire,  où aller et loupe la moitié des choses à voir. Mais ici, rien de tout ça, au contraire j'ai même apprécié cette ville  qui n'est pas une mégalopole comme Bangkok . Toute la ville (ou presque ) peut se faire à pied , vous alternez entre avenue à la cohue générale et petite ruelle calme . Ou entre rue bondée de bars branchés et rue avec de petites gargottes ou roulottes pour manger sur le pouce. 

Le Mekong traversant la ville lui donne un certain calme , en tout cas sur les quais, prisés par les jeunes pour boire des bières et pour se détendre le soir, les joggeurs le matin et les vieux la journée restant assis sur un banc devant cet immense fleuve . 

 

La circulation est anarchique et dominé par les inombrables moto. Dans cette immense bordel  qu'est ce brouhaha de deux roue je vois une sorte de cohérence.  Je n'ai jamais vue ni entendu parler d'accidents (même si il y en a c'est indéniable ) . Le code de la route , s'il existe , n'est évidemment pas respecté mais les conducteurs ont imposé leurs propres règles et façons de rouler.  La lenteur de leurs moteur leurs permets d'anticiper et d'observer les e mouvements des autres, qui au bout d'un moment sont prévisibles,  pour pouvoir mieux se positionner. Au premiers abord cela semble incompréhensible mais avec un peu d'attention on comprend vite le cheminement de ce joyeux bazar. 

Phnom Penh est également connu pour ses innombrables marchés.  Au cours de mes déambulations dans les rues de la villes je suis tombé plusieurs fois, au détour d'une rue sur un marché d'une trentaine de mètres avec les étalages à même le sol . Puis une fois traversé me voilà revenu sur une rue normale. 

Mais deux marchés ont particulièrement retenu mon attention . Tout d'abord le Russian Market, immense marché  au sud de la ville et endroit idéal pour trouver tout et n'importe quoi, la caverne d'Ali Baba en quelque sorte. J'entre, sans le savoir du côté bricolage, ce n'est pas trop ma tasse de thé , alors je me dirige vers les tissus et vêtements en faisant un petit passage par les bijouteries vendant pour la plupart du toc. Des stands de bibelots se succèdent aux quatre coins du marché et les négociations se font dures. Avec ma tête d'étranger les vendeurs flairent l'argent . Mais je ne me ferai pas avoir, je négocie tant bien que mal à des prix raisonnables des petits souvenirs à ramener en France. 

Une grande partie du marché est consacrée à  la nourriture . Lorsque j'arrive dans la zone des viandes et poissons l'odeur est difficilement surmontable. Une odeur qui vous prend au nez et n'hésite pas à vous donner quelques relents de votre dernier repas. Le sol est couvert d'une sorte de jus, mélange  d'eau, de sang et surement de plein d'autres choses que je préfère ignorer. Certains poissons sont encore en vie tandis que d'autres ont passé l'arme à gauche et se font découper par les coûteaux des femmes, qui dominent le marché. L'endroit des fruits et légumes est plus coloré et joyeux , certaines femmes trient les derniers arrivages dans la bonne humeur tandis que d'autres attendent patiemment la venue d'un client. 

Un autre marché,  bien que différent mais tout aussi intéressant est le Central Market. À l'intérieur d'un immense dôme (parmis les 20 plus grands du monde ) dans un style art déco. Quatre ailes partent de chaque côté pour en former les galeries. Ici très peu de nourriture mais plus de fringues, bijoux, objets électroniques, coiffeurs, attrape touriste etc... Les prix y sont également plus élevés et l'ambiance moins atypique. Mais ce qui impressionne est la hauteur de cet immense dôme quand on est à l'intérieur. Sa couleur jaune renvoie une lumière blanche et un côté très lumineux qui change de la noirceur de Russian Market.  

Cette  ville reste très éclectique et beaucoup de clivages existent. Quartiers aux restaurent et boutiques de luxe laissent  place à des rues où la pauvreté est plus présente que jamais. Plusieurs rues sont occupées par des clochards dormant dans des sortes de remorques,  j'ai même vu une famille entière dans une de celles-ci . Mendicité, racolage,  vol et arnaque font partie de cette ville qui reste malgré ça  un endroit très sûr.  L'un des fléaux de Phnom Penh est la prostitution. 

Un soir, vers 19h, je vais manger dans l'une des rues assez branchées de la ville.  Elles étaient là, accoudées au bar ou en terrasse,  buvant quelques verres avant de commencer leur soirée. Une fois fini de manger,  je repassai par cette même rue,environ 1h plus tard. Les prostituées  avaient pris le contrôle de la rue et essayaient  de vous entraîner avec elles. Regard provocateur pour les plus soft et caresse sur l'épaule pour les plus téméraires. 

Outre les prostituées envahissant certaines rues le soir , les tuk tuk  contrôlent  la ville jour et nuit. Au bout de 24h ils avaient réussi à m'exasperer et à venir à bout de ma patience. Impossible de marcher 20 mètres sans entendre un "tuk tuk my friend " ou un "chiper for you sir " (moins cher pour toi monsieur ) . Les pires étant ceux roulant à côté de vous en vous énumérant les endroits de la ville à visiter. Sans parler de ceux qui vous proposent cocaïne,  herbe ou filles pour la nuit. J'ai donc essayé diverses techniques pour éviter ces constantes requêtes.  Ne pas croiser leur regard,  montrer mes pieds pour leur faire comprendre que l'on peut marcher, et suis même allé jusqu'à acheter un tee shirt floqué "No tuk tuk tuk today". Mais malheureusement ce fut en vain!! 

Puis, ce qui devait arriver arriva!  un pauvre tuk tuk a subit ma colère pour tous ses compagnons. Triste vie injuste ! Après une énième demande dans la même rue, ma victime qui roulait à côté de moi pour me faire la causette en espérant que je monte avec lui... Et puis c'est parti, je lui crie dessus , lui montre mes chaussures et les faisant taper sur le sol et je lui colle mon tee shirt sous le nez. Tout ça a marché, il a compris et est parti en essuyant un " Sorry sir". Ma vengeance était là et j'étais satisfait. Triste sort pour ce pauvre hommes se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment. 

Durant ces quelques jours  à la capitale je me suis plongé dans le sombre musée du S-21. Ancienne prison durant la guerre civile entre 1975 et 1979, ce musée est maintenant un lieu rappelant les atrocités s’étant passées pendant ces années. Les pièces, laissées intactes, aux murs décrépis, les boîtes en fer rouillées dans lesquelles les prisonniers déféqueaient, les chaînes et minuscules cellules sont encore présentes et dégagent une atmosphère sombre et oppressante. Plongé dans les paroles de l’audioguide, vous déambulez, avec un visage sombre et choqué, dans les différents bâtiments. Tout est fait pour vous faire ressentir l’horreur de la situation, instruments de torture, photos d’archive, toiles d’un peintre ayant survécu à cette catastrophe. Dans chaque pièce, des centaines d’images de prisonniers, prises lors de leur arrivée occupent les murs, vous dévisageant les yeux remplis de tristesse, d’injustice ou de désolation.

On estime entre 12000 et 20000 le nombre de personnes entrées dans cette prison, seulement 12 en sont ressorties vivantes.  Les prisonniers étaient pour la plupart étudiants, médecins, avocats ou notaires. Toutes les professions dites du « nouveau monde » étaient proscrites. Le régime des khmer rouge voulait instaurer une société hautement rurale et rejetait tout forme de modernité (travail à la main, pas de mécanisation etc). Ils emprisonneaient  les personnes étant susceptibles de participer à une révolution, et même si aucune preuve n’était entre leurs mains ils les inventaient pour se justifier.

À la sortie de ce musée, je me sentais la gorge nouée, le regard sombre et penseur. Passer plusieurs heures dans cet endroit met un coup au  moral,  rappele que l’homme peut avoir une imagination sans fin pour faire le mal et exercer la souffrance. Lieu de mémoire,

déprimant mais si intéressant, utile pour nous rappeler de quoi l’homme est capable ce musée restera l’un des moments les plus instructifs et émotifs de mon voyage. 

 

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