Ratanakiri (Banlung) - Cascade et trek de 3 jours


Si je suis venu ici, au Ratanakiri c'est pour faire un trek. Mais saison basse oblige je dois attendre  3 jours avant que 3 personnes se greffent à moi pour que nous partions. Heureusement les environs de Banlung ne sont pas dénués d'intérêts, bien au contraire. En arrivant à la guesthouse qui se trouve au passage très sympathique (il y a une piscine),je fais l'erreur de louer un vélo qui tombe en lambeaux. J'enfourche l'appareil pour me rendre à un lac mais la route pourtant pas longue me paraît interminable avec  cet engin qui n'avance pas. J'atteinds, tant bien que mal, le lac le plus connu de la région. Également vénéré par nombres d'ethnies et par certains habitants de Banlung, il fait partit du folklore cambodgien à part entière. La création de ce lac reste un mystère et plusieurs légendes font part de son apparition. Tantôt une météorite, tantôt le cratère d'un ancien volcan, le mystère reste complet. Quoi qu'il en soit, ce lac reste sacré pour les peuples animistes et la protection de ce dernier leur a été accordé jusqu'en 2025 (espérons que ça dure. )

Lieu de détente pour les familles de la région, les cambodgiens viennent ici pour y pique niquer, profiter de l'eau chaude du lac, jouer avec les équipements disponibles ou pour simplement se prélasser sur un hamac au bord de la l'eau.

Voir un lieu à connotation touristique fortement utilisé par les Cambodgiens fait plaisir à voir, l'occasion d'observer les moments de détente auxquels ils peuvent s'adonner. 

Hors de question que je fasse le retour sur ce vélo ! J'arrive tant bien que mal à trouver un pick up acceptant de charger mon vélo, et moi même  à l'arrière de la voiture. 

Le deuxième jour j'ai pris une moto, plus simple et moins fatiguant. Durant la matinée je m'enfonce dans différents chemins de terre pour profiter des paysages et cascades de la région. Mais le clou du spectacle arriva l'après midi. Je m'engageai  pour 20km de pistes pour atteindre une cascade. 

Ces kilomètres compteront parmi les plus beaux de mon voyage.  Je ne suis pas dans la jungle,sauf à la fin Je traverse des kilomètres de plantations d'héveas et jouis d'une vue dégagée sur les environs. Après réflexion, cette route n'a rien  d'extraordinaire mais l'atmosphère qui s'en dégageait la rendait unique. Seul, sur une moto, roulant à tout allure sur une piste couleur ocre, des camions me frolant et soulevant des nuées  de poussière, des motos chargées de bric à bric avançant tant bien que mal sur ce chemin tumultueux, et des villages contenant une dizaine d'habitations au bord de cette route sableuse font partie intègrante de ce qui confère à ce lieu une chose  si particulière. Mêlé à ce puissant sentiment de liberté que je ressens à ce moment. 
La cascade que j'atteinds est en quelque sorte la cerise sur le gâteau. Comme la route sa couleur est marron, ce qui crée un contraste saisissant avec un ciel d'un bleu éclatant et le vert vif des arbres. Hormis la famille de Cambodgiens profitant du beau temps, ce petit coin de paradis est désertique. 
Après ma baignade je commence à descendre le long de la rivière jusqu’au moment où je croise un groupe de locaux buvant des bières. A peine eu je le temps de dire bonjour qu'une bière m'attendais à  la place qu'ils m'avaient réservés dans leurs cercle. Impossible de refuser l'hospitalité je suis parti pour en boire quelqu'unes!! Après une vingtaine de minutes les fous rire fusent ,dûs à des moments d'incompréhension. 
Et pour conclure la journée en beauté je bénéficie d'un coucher de soleil si agréable à mes yeux. 

Dernier jour avant le départ du trek. Aujourd'hui je pars avec Julien, français voyageant en moto rencontré à la guesthouse. Nous montons tous les deux sur sa bécane pour un petit tour dans les environs. Matinée assez classique. Cascades, baignade et paysages sympathiques. A midi nous faisons un stop au marché de la ville. Je n'avais pas encore eu l'occasion de voir un vrai marché asiatique lors de ce voyage. Voilà chose faite ! Après nous être demonté l'estomac pour moins d'un dollar, nous zigzagons entre les étalages de légumes, poissons et viandes qui jalonnent le sol pour certains et les crochets des stands pour d'autres. 

Désolé mais je ne m'attarderai pas trop sur ce marché, j'aurai l'occasion d'en  côtoyer des bien plus grands et intéressants à Phnom-Penh. 

Voici enfin venu le jour du départ du trek. Je pars avec 4 autres personnes, un couple d'allemand, un américain et un  portugais d'une soixantaine d'années qui a réussi à tenir le coup. Julien m'emmène en moto au départ du trek, le Tuktuk n'ayant pas assez de place . 

La journée commence donc par une petit crevaison au beau milieu de nulle part. Situation délicate au premier abord mais au Cambodge vous trouvez des garages n'importe où. Tant que vous êtes sur une route,un garage n'est jamais très loin. Nous roulons 1 km et trouvons notre sauveur. 

 

Ce trek de 3 jours aura sûrement été un des  moments les plus fatiguants de mon voyage. Le premier jour nous marchons plus de 4h dans la cambrousse, pas encore dans la jungle;l'o mbre est difficile à trouver et aucune rivière pour se rafraîchir.! Nous avançons dans une zone semblable à une steppe, parsemée de quelques arbres, et sous une chaleur écrasante. Exténués, nous atteignons les villages où nous allons passer les deux prochaines nuits. Le village s'étend entre les rizières et l'endroit où nous sommes, contient juste deux maisons sur pilotis abritant deux familles. 

 

Les Kavets, minorité assez peu représenté au Cambodge, vivent essentiellement en autonomie. Grâce à la culture du riz principalement mais aussi avec la récolte de bambou, magnoc et autres fruits et plantes cueillis dans la jungle. Ils possèdent également quelques animaux, poules, cochons, et vaches qui ponctuent occasionellement leurs rares repas non végétariens. J'ai pu remarquer qu'un clivage se créée entre ancienne et nouvelle génération sur certaines choses. Comme l'utilisation de téléphones portable, de scooter ou de cigarettes achetées en magasin . Les plus vieux fument encore le tabac qu'ils cultivent, à la pipe ou directement dans une feuille (pas une feuille a rouler, une feuille de plante...). Leur tabac a d'ailleurs bon goût et fait un peu l'effet d'un somnifère sur moi. Leur façon de vivre reste centrée sur la famille et la culture du riz qui occupe une part importante de leur vie. 

J'aurais voulu en savoir plus mais la difficulté de notre guide à parler anglais rendait les choses difficiles (gros défaut de ce trek). Difficile également de prendre des photos, particulièrement des portraits. Les habitants montraient une certaine timidité face à mon appareil. Timidité qu'il m'est impossible de faire tomber en moins de 2 jours. En tout cas face à l' appareil photo, car sinon les Kavets étaient très avenant. Malgré l'inévitable barrière de la langue cela ne nous a pas empêché de passer de  bonnes soirées après avoir bu deux jarres de vins  de riz. 

La seconde journée ,  la randonnée se fait dans la jungle. Un peu plus de 8h de marche au programme. Cela n'a rien  d'impressionnant, même si ce n'est pas rien, certes! Mais marcher 8h dans la jungle après une nuit de pluie rendant certaines parties difficilement praticables, avec une température avoisinant les 35° à l'ombre, mêlée à une humidité et une moiteur scotchant vos vêtements  et un soleil de plomb ,devient vite épuisant. Autant physiquement que mentalement. Mon cerveau a un peu disjoncté je crois. Les deux dernières heures de marche ne sont plus qu'un enchaînement robotique de gestes visant à atteindre mon hamac (pour info on dormait dans des hamacs sous une maison). Mon cerveau est déconnecté et laisse mon corps avancer tout seul. 

Assez parler de la fatigue que ce trek a pu me procurer. J'ai également eu l'occasion de marcher aux  pieds d'arbres majestueux  d'une taille démesurée. De voir des oiseaux aux magnifiques couleurs, d'entendre et d'écouter les multitudes de bruits peuplant cette forêt, singes, insectes, oiseaux, et tronçonneuses parfois. Malheureusement il y a un peu de déforestation illegale, bien que ce soit un espace protégé. 

Ce trek ne m'aura pas épargné et j'aurai droit à ma premier sangsue, il faut bien un depucelage à tout je suis d'accord . Mais j'aurais bien aimé éviter celui là, pas dans ces conditions en tout cas. Se rendre compte de la présence d'une sangsue à moins de 5 centimètres de mes parties génitales n'est pas la meilleure des surprises que j'ai pu avoir. Ma réaction n'a pas été bienvaillante et lorsque je m'en rends compte ,je l'arrache, comme un couillon, immédiatement. Chose à ne pas faire!!! du sang a coulé en discontinue pendant plus d'une heure. Combien de temps s'est elle delectée de mon sang ? Aucune idée, mais suffisamment longtemps pour qu'elle devienne assez grosse pour impressionner le guide. 

L'une des choses les plus remarquables que j'ai vécu durant ce trek est la douche. Ici, se laver devient une chose de grandiose. Le minimaliste mêlé à l'appréciation de la nature. Un seau d'eau et un puit, puis la vue sur des rizières avec la jungle au fond et un coucher de soleil couronnant le tout. Prendre une douche froide n'a jamais été aussi agréable. Cela peut paraître étrange mais je me souviendrai plus de la douche que j'ai prise  que de bon nombre de choses vues et vécues durant ces trois jours (à part la sangsue, ça je ne peux pas oublier). 

 

 

 

Drôle de manière de sélectionner des souvenirs ou plutôt sublimation de l'agréable ??? 

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Commentaires: 2
  • #1

    Audrey (lundi, 02 avril 2018 17:23)

    Bonjour, pour le trekk au ratanakiri avais-tu un guide privé ou es-tu passé par une agence?

  • #2

    Les chemins d'un Ours (dimanche, 08 avril 2018 15:34)

    Le gérant de l'hôtel ou je dormais connaissais des guides et mettait en relation les clients intéressé par des treks et les guides. C'était pas une agence à proprement parlé mais un système de mise en relation.

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Accroché à la notion de partage dés mon plus jeune âge,j'ai décidé de créer ce blog pour que vous puissiez me suivre à travers mes aventures. Mon but est de vous communiquer les sentiments, émotions et réflexion que l'on peut avoir en voyage. J'essaierai de vous emmener avec moi grâce à des récits de voyage, des conseils et astuces, des photos, et même des vidéos. Le but de ce blog est aussi de te donner envie de voyager, de te faire découvrir de le monde pour que tu partes à sa rencontre par la suite.

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